Le lancement réussi du panneau de MDF Next avec notre partenaire Panneaux de Corrèze nous a permis de rencontrer un artiste hors norme : Didier Demé. Ce créateur se définit lui-même comme artiste ébéniste illustrateur. Pour réaliser ses sculptures, dont de nombreux hommages à la bande-dessinée, il a choisi de travailler le MDF depuis plusieurs années. Il a été l’un des premiers à tester et découvrir Next. Nous l’avons interrogé sur son art et les avantages de travailler le MDF.

 

Didier Demé, vous travaillez le bois et exercez votre passion artistique dans l’Essonne (Sainte-Geneviève des bois), quel a été votre parcours ?

 

Je suis aujourd’hui artiste sculpteur depuis six années. J’ai été artisan ébéniste pendant plus de 30 ans. On peut dire, comme le dit souvent Obélix, que je suis tombé dans l’artisanat quand j’étais petit. Mes parents étaient tous les deux tapissiers matelassiers en Essone et mon frère est tapissier décorateur. Moi, je me suis plutôt orienté vers l’ébénisterie car le bois m’attirait et m’intéressait.

 

Petit garçon, mes deux passions étaient la bande-dessinée et la sculpture. J’ai donc fait ébéniste autant par résolution que par passion, pour trouver un métier. Je suis rentré à l’Ecole Boulle de Paris à l’âge de 14 ans pour un CAP d’ébéniste. A 19 ans, je me suis installé à mon compte dans ma ville de Sainte-Geneviève des Bois, comme artisan pour restaurer des meubles anciens.

 

En 2006, j’ai commencé à faire autre chose que de la restauration de meubles ou de la copie d’ancien mobilier et j’ai réussi à regrouper mes trois passions : la BD, le bois et le mobilier. En bande-dessinée ce qui m’intéresse est le côté graphique, les rondeurs des personnages mais aussi les crayonnés et les encrages. Mes références sont Uderzo bien sûr, mais aussi son maitre : Edmond-François Calvo ou encore Disney ou Cézard. Quand je crée mes sculptures et mes meubles aujourd’hui, j’utilise des techniques de la bande-dessinée, la plongée, la contreplongée, la mise en scène.

Vous êtes connu pour vos meubles en trompe-l’œil, notamment des meubles réalisés en MDF imitant le carton, racontez-nous ?

Ces pièces en trompe-l’œil connaissent un vrai succès, j’en ai vendu plus d’une centaine, j’ai même déposé le concept de faux mobilier en carton à l’INPI. C’est en emmenant ma fille à l’école que j’ai fait la rencontre de Jean-Nicolas Boulmier, artiste et décorateur, qui m’a fait prendre ce virage. Il m’a contacté un jour parce qu’il avait une commande pour un particulier qui redécorait son intérieur. Il souhaitait réaliser une chaise en bois qui aurait l’apparence du carton. Pour réaliser cette commande, j’ai alors recherché un matériau isotrope et contemporain, qui ne bouge pas.  

Le MDF a ainsi fait son apparition dans mon travail, un peu par hasard. Il a déjà l’apparence du carton du fait de sa couleur. Il fallait juste donner un petit coup de gouge pour qu’il fasse vraiment illusion. En grossissant les traits comme pour une caricature, je sculpte plus fort les cannelures, pour leur donner l’apparence de bandes de scotch. C‘est un véritable trompe-l’œil, on n’ose presque pas s’asseoir sur cette chaise. C’est mon hommage au « ceci n’est pas une pipe » de Magritte : la trahison d’une image.

Vous utilisez le MDF dans l’essentiel de votre travail ?

 

Par la suite, j’ai rencontré Patrick Blondeau, avec qui je fais des tableaux, toujours en utilisant du MDF. Avec Patrick, nous sommes plus que complices, presque des frères. Ensemble, nous nous amusons à faire un jeu de cadavre exquis : je ne sais pas ce qu’il va me donner et lui ne sait pas ce que je vais lui rendre. On a détourné ainsi des tableaux célèbres comme le Déjeuner sur l’herbe, l’Origine du monde, ou des Toulouse-Lautrec. C’est la planche de MDF qui circule de l’un a l’autre, comme un carton.

 
J’ai donc cherché assez rapidement un panneau en adéquation avec mon travail. Comme je sculpte la matière en profondeur, il fallait que le panneau se tienne. Les panneaux de medium de Panneaux de Corrèze sont les seuls que j’arrive à « défoncer » et qui se tiennent tout de même pour mes sculptures.
 
J’ai commencé à collaborer avec Panneaux de Corrèze et j’expose même dans leur show-room. J’aime dire que c’est comme dans une fable : l’artiste rencontre l’industriel, deux mondes qui se croisent en toute bienveillance.

Vous avez pré-testé et travaillé le panneau Next. Quel est votre verdict ?

 
J’ai pu étudier un peu le procédé de fabrication et tester différentes techniques sur Next pour le comparer avec un MDF plus classique. J’ai réalisé un pupitre en utilisant Next pour « jouer » avec. J’ai fait tout ce qu’on pouvait faire sur un medium : coller, structurer, découper, contre-coller, etc. pour ses qualités et ses défauts. Et je dois dire qu’il n’a qu’un seul réel défaut, c’est qu’il n’est pas encore connu. Les ébénistes ne le connaissent pas encore, et pour cause, il vient juste d’être commercialisé.
 
Il faut donc communiquer absolument sur son côté artistique. Il faut également tirer le meilleur parti de ses propriétés et du fait qu’il soit biosourcé. Ainsi, on arrivera à l’associer avec des produits naturels et biosourcés, y compris des vernis. Un avantage qu’il possède par rapport au medium classique, c’est qu’il fait une poussière très légère, qui n’accroche pas. On pourrait presque la qualifier de poussière sèche. En comparaison, le medium fait une poussière grasse qui accroche. Next est beaucoup plus agréable à travailler.
 
Next a sensiblement les mêmes caractéristiques isotropes que les panneaux de MDF faits à base de résine pétrosourcée, mais sans formaldéhyde ajouté. Travailler sur une matière saine est incontestablement meilleur pour ma santé. Je protège mes voies aériennes respiratoires avec des masques FFP3 et je me suis équipée d’une cabine à aspiration. Mais quand on travaille le bois, il y a inévitablement des particules.
 
J’espère que Next sera rapidement connu et qu’Evertree et Panneaux de Corrèze trouveront des partenaires pour aboutir à des solutions meilleures pour l’environnement et meilleures pour la santé.
 
Vous pouvez retrouver les créations de Didier Demé sur le site www.demeebeniste.fr, sur Artsy.com et sur le site Artmajeur.com (2meblondeau).